Historique du comté et de la principauté de Salm

De Genealorraine

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-Au Moyen Âge, la maison de Salm se partageait en de ux branches principales. La première, établie dès le Xe siècle dans le nord du Luxembourg, était la souche des comtes de « Salm d’Ardenne ». La seconde, issue de la première, fixée vraisemblablement au début du XIIe siècle dans les Vosges septentrionales, était la tige des comtes de « Salm en Vosges ». À cette dernière époque, en effet, Hermann de Salm avait obtenu d’un évêque de Metz l’a vouerie de l’abbaye et du val de Senones. Lui-même, ou l’un de ses proches descendants, avait fait édifi er avant 1190, sur le territoire de La Broque un château féodal. C’est autour de ce château que se forma le co mté de Salm. « Ce conté, écrivait Bugnon, est illus tre par son ancienneté, par celle de ses seigneurs, par leu rs alliances et par les guerres qu’ils soutirent contre leurs ennemis et leurs voisins. Il fut l’une de ces p etites souverainetés régaliennes, qui se formèrent en tre la France et l’Allemagne, dans la Haute-Lorraine, pendant les divisions qui régnèrent entre ces deux États.


-L’histoire de Salm est aussi marquée par les démêlés , presque incessants, entre les souverains du petit État et l’abbaye de Senones. Au lieu d’agir en protecteurs, les comtes, puis les princes ne songeaient qu’à ravir les droits et les privilèges du monastère. C’ est ainsi qu’en septembre 1571, Jean IX, comte de Salm, et Frédéric, comte sauvage du Rhin et de Salm, accompagnés de quelques témoins et d’un notaire apostolique, assemblaient dans l’abbaye, et hors de la présence des religieux, les habitants des communautés du val de Senones et leur demandaient s’ils voulaient les accepter comme seigneur souverain et régalien , sur leur assentiment, ils leur faisaient prêter le serment d’obéissance.


-La terre de Salm, restée la propriété commune de la branche des comtes et celle des rhingraves, fut partagée en 1598 entre Jean et Frédéric. Chacun des copartageants devait jouir des droits régaliens sur le lot qui lui était assigné. Le lot de Frédéric comprit la m oitié de Badonviller, chef-lieu du comté, la moitié duvillage de Celles, du château et du village de Pierre -Percée, Pexonne, Vexaincourt et Allarmont, partie de Luvigny, Albet, Grandfontaine et Vaquenoux, la moiti é du bourg de La Broque, du château de Salm et de ses dépendances ; Diespach, Champenay et Plaine, Le Puid, Le Vermont, Saulcy et Le Mont ; moitié du bourg de Senones, Le Ménil, Saint-Stail et Grandrupt. Le lot de Jean fut composé de moitié de Badonviller ,de Pierre-Percée et de Celles, partie de Luvigny, moi tié de La Broque, moitié du château de Salm et des maisons d’alentour, moitié de Senones, Ménil, Saint- Stail et Grandrupt ; Raon-sur-Plaine, Vipucelle, Fréconrupt et Les Quevelles ; Saulxures, Bénaville et Moussey ; Petite-Raon, Belval et Vieux-Moulin, non compris les propriétés particulières du monastère de Seno nes, sur lesquelles les copartageants s’étaient réservé la haute justice.



- L’étendue du comté était de 5 lieues de l’est à l’ ouest, et de 4 du midi au nord ; sa population comprenait environ 6 500 habitants. Le rhingrave Frédéri c mourut en 1608 et son fils, Philippe-Othon, héritait de son lot. Le 8 janvier 1623, l’empereur Ferd inand II conférait à ce dernier le titre de prince d’Empire et, de ce fait, sa portion du comté était érigée en principauté. Quant au lot échu à Jean, il fut légué,à la mort de ce dernier, arrivée en 1600, à sa nièce, C hristine de Salm, qui avait épousé, en 1597, François de Lorraine, comte de Vaudémont, fils du duc Charles III. Ainsi, la terre de Salm se trouva distinguée en comté et en principauté ; le comté appartenait à la Maison de Lorraine ; la principauté était possédée par celle de Salm.


- Cet état de chose subsista jusqu’à la convention comportant un nouveau partage, convention passée le 21 décembre 1751, entre le prince Nicolas-Léopold de Salm-Salm et le roi Stanislas, duc de Lorraine et de Bar, héritier des droits des anciens ducs. Aux termes de cet accord, le premier eut, en toute propriété, la partie de l’ancien comté située à gauche de la rivière de Plaine, et le second, tout ce qui é tait à droite du cours d’eau, avec la baronnie de Fénétrange.



- La principauté, dans sa nouvelle forme, avait 5 lieu es de l’est à l’ouest et 4,5 du nord au sud. Les localités qui la composaient étaient les suivantes: Senones, qui devait en être la capitale, la résidence du prince et le siège de l’administration ; Ménil et Saint-Maurice-lès-Senones, Vieux-Moulin et Les Fremot, Allarmont, Albel, Belval, La Broque, Celles, Champenay, Chatas, Diesbach, les forges de Framont, Fréconrupt, Vipucelles et Lesquevelles, Grandfontaine, Luvigny, Le Mont, Moussey, La Petite-Raon, Plaine, Paulay, Le Puid, Raon-sur-Plaine, Le Saulcy, Saulxu res, Bénaville et Le Palais, Saint-Stail et Grandrupt , LeVermont et Vexaincourt. Au total, trente localités, villages et hameaux, avec une population d’environ 10 000 habitants.



- « Le sol de la principauté, écrivait Durival, ne prod uit que du seigle, de l’avoine, du sarrasin, de l’orge, des pommes de terre et un peu de froment ; be aucoup de chanvre et de lin. Le pays est montueux, les forêts en partie de sapins ; il y a plusieurs scie ries. Les rivières produisent la truite, l’ombre et la l otte. Le gibier est excellent, surtout le lièvre, le chevreuil, la perdrix. Il y a beaucoup d’arbres à fruits et surtout des cerisiers. On y fait une chaux grise qui rend les murs t rès solides. Il y a beaucoup de mines de fer ; les forges y occupent plus de 400 ouvriers


- Lorsqu’elle avait son siège à Bandonviller, la principauté était administrée par un intendant, un bailli et un procureur fiscal, assistés d’un greffier et de six agents, tant sergents que forestiers. On suivait les lois lorraines et l’ordonnance du duc Léopold de 1707, pour l’administration de la justice, avait force foi. Après le transfert de l’administration à Senones en 1754, la principauté fut dotée d’une organisation plus importante. Pour la justice, un grand bailliage fut in stitué, avec un grand bailli, un lieutenant de bailli, un procureur d’office et un greffier. Pour la gérance des forêts, une gruerie fut établie avec un grand gruyer, un lieutenant de gruerie et un assesseur garde-marteau. Pour les domaines et les finances, une chambre était chargée de traiter ce qui se rapportait à ces questions.


- Plus tard, le prince créa un conseil de régence, composé de six conseillers et d’un chancelier, dont le rôle fut de l’assister et de prendre, en son absence, les décisions importantes. Enfin, un receveur général avait pour mission de recueillir les impôts et d’établir le compte des recettes et des dépenses. Dans les derniers temps, les recettes se montaient, en chiffres ronds, à 250 000 livres, dont 150 000 pour les domaines et 100 000 pour la gruerie, tandis que les dé penses n’atteignaient que 235 000 livres. À noter une imposition de 22 000 livres pour « les charges de l’Empire au Cercle du Haut-Rhin »., ultime attache de la principauté à l’Empire.


- Au début de l’année 1793, les habitants de la principauté, souffrant d’une cruelle crise économique, se tournaient vers la France. Par une pétition adressée à la Convention, ils demandaient le rattachement de leur pays au territoire de la République. Accédant à le ur désir, l’Assemblée décrétait le 2 mars : « La ci- devant principauté de Salm est réunie au territoire de l a République, et fait partie provisoirement du département des Vosges ». En même temps, elle charge ait trois commissaires, pris parmi ses membres, de se rendre à Senones, afin d’opérer la réunion. Depuis le 1 5 août 1791, le prince avait quitté sa principauté pour se retirer dans son domaine d’Anholt, en Westphalie. Bien que souverain d’un état indépendant, il fut, après l’annexion, réputé émigré. Aussi, ses biens furent-ils séquestrés, déclarés nationaux et vendus.


le partage de 1751[modifier]

An 1751 Convention des 2 Rois, avec M. le Prince Salm Par Convention du 21 Décembre entre les deux Rois & M. le Prince de Salm, qui leur céde la Ville de Badonvillers., chef-lieu du Comté de Salm, pour ce qu'il y posséde & dans la Baronie de Fenétrange, choisissant en échange les lieux les plus prochains de sa Principauté de Salm, & situés sur la gauche de la rivière de Plaine: ceux de la droite restant au Duché de Lorraine. Cette rivière, qui depuis sa source doit servir de borne séparative entre les deux Souverainetés, fertilise la partie des Vosges qu'elle parcourt. Cette Convention a remis Badonvillers dans l'ordre & dans les droits qu'embarrassoit & qu'obscurcissoit leur confusion ou leur indivisibilité. Les lieux cédés au Prince de Salm, sont tout le Val de Senonnes & les Villages de la Broque, Celles, Raon-sur-Plaine, Lévigny, Saulxure & le Fief de Bénaville. Les lieux cédés de sa parc aux deux Rois, sont, Pexonne, Jossieu, Ancerville, Sainte Agathe, Montigny & Neuviller, nuement de sa Principauté & les portions qu'il avoit à Badonvillers, Pierrie, Perecé, Tamouville & l'Abbaye de Haute-Seille :moyennant quoi la Principauté de Salm devoit être désormais composée des lieux suivants, sçavoir: Nouvelle Principauté de Salm L'ancien Château de Salm, le Bourg de Senonnes, l'Abbaye de ce nom, Ménil & Saint-Maurice-les-Senonnes, Vieix-Moulins & les Frenots, Abbé & Belval, la Broque, Celles, Champenay, Chattay ou Chattas, Diesback, les Forges de Framont & dépendances, Frécoupt, Vipmalles & les Querelles, Grand-Fontaine, Lévigny, le Mont, Moussey, la petite Raon, Poullay, le Puit, Raon-sur-Plaine, le Saucy, Saulxure & Pulleux, St. Stail & Grand-Rupt, Lévermont & Vexaincourt. Une partie du Bailliage de Saint-Diez, est au Midi de cette Principauté, séparée de l'Alsace, située au Levant par la rivière de Meurthe. Un ruisseau dont la source est dans un vallon entre les montagnes des haut & petit Donom, joignant la branche au Village de la Broque, fait la séparation de toute cette contrée. La petite rivière de Plaine, dont la source est au Midi du haut Donom au Couchant, sépare cette Principauté des Bailliages de Blamont & de Lunéville, jusqu'au-dessus de Raon-l'Étape, où elle se termine en pointe. On suit le droit écrit à Badonvillers.